Au pied du suc de Cherchemus (1343 m), le lac d'Issarlès
n'occupe pas, comme on pourrait le croire, le cratère
de cet ancien volcan. Il comble par contre un cratère
né d'une violente explosion souterraine produite par la
rencontre d'une nappe d'eau et d'une colonne de magma montante.
La lave en fusion créa en effet, en rejoignant la surface,
une fissure par laquelle l'eau pénétra, se transformant
en vapeur. Soumise à une pression énorme, celle-ci
fit exploser la fissure, et donna naissance à un profond
cratère de forme tronconique. Les débris de l'explosion,
en retombant, comblèrent en partie la cheminée
et formèrent une sorte de croissant en préiphérie.
Les eaux anvahirent alors le cratère pour former un lac
naturel d'une grande profondeur (138 m) eu égard à
sa taille (90 ha). L'explosion qui donna naissance au lac d'Issarlès
n'est pas datée à ce jour. Elle se serait produite
voilà un million d'années.
Objet de culte au début de notre ère, le lac
passa alternativement aux mains des abbayes et des seigneurs
jusqu'à la Révolution. Plusieurs projets le concernant
furent d'abord sans suite. On envisagea de l'assécher
en 1883, de détourner ses eaux dans la Loire, l'Yonne
et la Seine pour alimenter la ville de Paris en proie à
la sécheresse en 1900. Le projet de centrale hydro-électrique
envisagé dès 1919 par la Compagnie électrique
Loire et Centre fut réalisé en 1953 par EDF, malgré
le classement du lac en 1935. Il consiste à alimenter
la centrale de Montpezat grâce à des canalisations
souterraines passant sous la ligne de partage des eaux entre
l'Atlantique et la Méditerranée. La première
conduite relie la Veyradeyre au lac d'Issarlès. Partant
du plan d'eau, la seconde conduite rejoint la Loire au barrage
de Lapalisse. La troisième descend la Fontaulière
où se trouve une centrale hydro-électrique souterraine
puis un barrage. Les lâchers d'eau permettent, en période
estivale, de grossir le faible débit de la rivière
Ardèche. Ils invitent en contre-partie, à s'aventurer
avec prudence dans le lit de la Fontaulière entre Montpezat
et Pont de Labeaume.
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Le Lac-d'Issarlès devint, à la demande de ses
habitants, une commune indépendante en 1929 par partition
du territoire d'Issarlès. Classé en 1935 puis inscrit
en 1938, le site est devenu un haut lieu touristique depuis une
trentaine d'années.

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